Le temps de la réappropriation de l’organisation

12/11/09

Depuis quelques temps une pensée occupe mon esprit, lorsque j’entends qu’au sein de grandes organisations, des cadres se suicident au bureau. Loin de moi l’idée de produire un billet opportuniste sur un sujet aussi sensible, mais il y a là une concordance de temps qui me pousse à formuler plus précisément la réflexion qui s’élabore en moi.

Pour mon plus grand plaisir, je travaille plusieurs fois par semaine, avec des opérationnels comme des décideurs économiques, sur des sujets de gestion de risques et de contrôle interne. J’entends le poids de la règlementation, parfois le spectre de son risque pénal associé, les contraintes de calendrier, l’absence d’alternative et le passage obligé … et d’une manière générale, que la principale motivation des projets de Gouvernance Risque et Conformité, c’est la contrainte légale.

Je partage le point de vue que l’application de règles de solvabilité, d’éthique ou de déontologie ne peut résulter que d’une obligation, et qu’au nom de l’équilibre économique mondial, il est essentiel de légiférer sur ces sujets. En revanche,  je pense que l’on commettrait une grave erreur, en essayant d’emporter dans le même élan, la gestion des risques opérationnels et leur contrôle interne. En la matière et à cet instant, les opérations et les opérationnels, ont bien d’avantage besoin de motivation que d’obligation.

De quoi s’agit-il en fait ? De cartographier les risques pouvant faire obstacle à l’exécution de la stratégie et d’imaginer les contrôles associés. De déployer, au sein de l’organisation un dispositif d’évaluation de l’efficacité, de proposition et de suivi de plans d’actions, dans le cadre d’une politique d’amélioration continue. Il s’agit donc de faire des collaborateurs de l’entreprise les gardiens de la bonne exécution des processus ainsi que les principaux promoteurs de l’excellence opérationnelle.

Entre les mains du top management des grandes organisations, ces projets de GRC doivent être vus comme une fantastique opportunité de réappropriation des processus, et plus généralement de l’entreprise par les opérationnels. Donner les moyens aux collaborateurs d’être réellement partie prenante de leur organisation, n’est-ce pas l’un des enjeux sociaux-économique majeur du capitalisme moderne ? C’est encore une question qui dépasse le cadre de cet Aparté

Organisation & Informatique

24/03/09

Je suis tombé il y a quelques jours sur une interview du Prof. Dr. August Wilhelm Scheer retranscrite sur le portail de BPMS info. Réalisé dans le cadre du process world 2008, l’entretien portait évidement sur le management des processus. En synthèse Prof. Dr. Scheer s’étonnait auprès du journaliste que l’on confonde encore les processus informatiques avec les processus métiers, ces derniers ayant pour vocation, l’amélioration du fonctionnement du stricte point de vue organisationnel. Je pense que ce débat est dépassé et depuis plusieurs années déjà.

Evidement en presque 20 ans d’une carrière exclusivement consacrée à la modélisation d’entreprise, j’ai moi aussi partagé et promu ce point de vue. Dans quel contexte ? Dans celui où ce que nous appelions le ‘système opérant’ ; c’est-à-dire l’ensemble des activités qui coopèrent pour élaborer la valeur ajoutée produite par l’entreprise, ne transformait essentiellement que des flux matériels. L’informatique d’alors relevait d’un processus support, et se pensait séquentiellement, à partir de la compréhension des processus métiers (les chaines de valeur), puis de leur organisation. Aujourd’hui la révolution est induite par la généralisation de la dématérialisation des flux. Ainsi le système opérant transforme et enrichit essentiellement de l’information. Le système d’information est passé d’un statut de support à celui d’opérant. L’entreprise fonctionne autour de lui, il est le processus.

Il va donc falloir que l’on s’habitue, et en dehors de tout dogme méthodologique, à voir cohabiter au sein de la description horizontale d’un processus : des opérations physiques qui traitent du flux matériels, et des applications informatiques qui transforment leur image dématérialisée à chaque fois qu’elle existe.

Organisation et Informatique, ne sont que deux visions concomitantes dotées du même niveau de contribution, pour la mise en œuvre des chaines de valeurs de l’entreprise.

Bonjour

27/02/09

Bienvenu sur ce blog qui, bientôt je l’espère, deviendra pour chacun d’entre vous un rendez-vous régulier et apprécié.

Mon ambition, à travers celui-ci, est de partager avec vous les processus de décision et de management qui construisent le Mega que vous connaissez.

Mais également d’aller plus loin dans la relation qui d’ores et déjà nous unit. De l’élargir. De lui donner une épaisseur nouvelle.

Je souhaite avec ce blog susciter entre nous interrogations, réactions, débats. Qu’il nous permette de nous retrouver, sans d’autres enjeux que le plaisir de la réflexion et du partage d’expérience, autour des choix décisifs que nous effectuons dans nos entreprises respectives : stratégie, innovation, management.

Alors c’est avec plaisir que, en aparté, je partagerai avec vous les convictions qui guident la vie de Mega pour être, dans nos domaines de compétence, votre meilleur partenaire.