Lecture

27/11/13

Quelle meilleure illustration de la vision de Brighten, si souvent développée sur ce blog, que l’interview de Mark Frissora CEO de Hertz, réalisé par McKinsey ? Abra Walsh me transmet le document à l’issue d’une séance de travail sur l’excellence opérationnelle et les nouvelles mobilités. Je ne résiste pas à l’envie d’en partager l’essentiel avec vous.

[…] In 34 years, I’ve never seen a more volatile business environment than the one we are operating in today. Technology and social media have completely changed the concept of competitive advantage. […] Now, whatever you do and say is almost instantly transferable to your competitors. Pricing strategies, marketing strategies, anything you pilot, even in a small market, immediately gets into your competitors’ hands on a global basis. Unless you can patent something, the first-mover advantage at least the way we learned about it in business school lasts a very short period of time. What used to be a two-year competitive advantage is two minutes today. This is all due to the exponentially increased use of the Internet, social media, and other technology-based advances […]. Technology is constantly challenging traditional business models, and it happens faster and faster in ways that can be difficult to see. When a new technology emerges, companies need to decide almost immediately whether to adopt it or they could risk being destroyed by it. […] My CIO is not some second-tier executive delegated to the CFO; he’s a member of my executive committee and one of the key direct reports I spend a lot of time with […]

Mark Frissora has been chief executive officer of Hertz since 2006. This interview was conducted by Rik Kirkland, senior managing editor of McKinsey Publishing, who is based in McKinsey’s New York office.

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All inclusive

15/11/13

« Avant on parlait d’excellence opérationnelle » dit un intervenant à l’occasion d’une conférence sur l’innovation. J’ai envie de lui demander ce qui l’empêche d’en parler maintenant ? Ce n’est pas l’objet principal du débat. Je reste avec mon interrogation. Néanmoins je suis de nouveau interpelé par cette idée qu’il faudrait que la nature des problèmes auxquels sont confrontés les dirigeants change en permanence. Comme si une mode managériale, ‘ringardisait’ celui qui hériterait des préoccupations de ses ainés.

Mais que faisaient les Hollandais au dix-septième siècle sur le continent nord-américain, si ce n’est répondre aux enjeux de la mondialisation avec les moyens et à l’échelle du temps de l’époque ? Bien avant, la construction des pyramides il y a quatre mille cinq cents ans, ne s’est-elle pas faite à la faveur de solutions d’excellence opérationnelle ? Qui prétendrait que la monétarisation des échanges relève d’un système contemporain ? A nature de préoccupations équivalentes, c’est l’évolution des moyens mobilisables pour y répondre qui crée les situations de rupture.  Elles relèvent aujourd’hui de la transformation de l’échelle du temps et de celle des modes de consommation.

La durée de vie des offres qui portent les avantages concurrentiels de l’entreprise, s’est considérablement raccourcie. Les préoccupations d’innovation et de production doivent aujourd’hui s’inscrire dans le même horizon de temps. Ainsi l’organisation de l’innovation, doit impérativement faire partie de la politique d’excellence opérationnelle. L’économie actuelle, signe définitivement la fin du modèle ‘vache à lait’ enseigné il y a 30 ans dans les cours de stratégie et qui reléguait l’innovation à la gestion d’un risque marginal et à sa capitalisation sur des horizons longs.

Deuxième élément de rupture : la puissance des réseaux sociaux et l’accumulation des données actuarielles qu’ils fédèrent, permettent de faire émerger des comportements de consommation en dehors de l’entreprise, qui pensait  jusqu’ici disposer du privilège de les imposer. Elle perd ainsi une grande partie de son pouvoir d’influence du marché dont la capacité à s’auto-définir est devenue indéniable. L’entreprise doit impérativement repenser sa posture marketing et sur ce sujet également, il s’agit d’une rupture majeure vis-à-vis de modèles historiques. Eduquer, faciliter l’expression, apprendre à écouter, deviennent les mots clés d’un marketing moderne.

Il appartient aux directions générales de prendre ces sujets à bras le corps et de conduire les transformations nécessaires. Il est impératif de vaincre les résistances car, faute de mouvement, cette évolution sociétale majeure se fera par disparition des majors et émergence de nouveaux compétiteurs. Au-delà de cet aparté, Brighten sera toujours du côté du mouvement et des grands enjeux des évolutions sociétales.