Mercredi à Paris

01/07/13

Mercredi soir, Maison des Arts et Métiers, l’association CESAMES organise un retour d’expérience sur l’Architecture d’Entreprise et la transformation. Daniel Krob(1) m’invite, j’y participe volontiers. L’Agence Nationale des Fréquences Radio y présente le retour d’expérience de son schéma directeur à 5 ans. Pour poursuivre le débat, une table ronde associe deux autres professionnels de la Société Générale et de la STIME (la DSI du Groupe des Mousquetaires). Les échanges m’intéressent et m’inspirent quelques remarques que je me propose de partager avec vous.

D’abord je pense qu’il faut se débarrasser une fois pour toute du principe de séparation du système opérant et du système d’information. De manière intensive depuis le déploiement du Web 2.0, la transition numérique a rendu le système d’information opérant. Il opère le flux dématérialisé, le traite, le transforme, l’exécute,  parfois de bout en bout.  Le mécanisme de création de valeur qu’il exécute est tout aussi opérationnel que celui nécessitant l’intervention humaine. L’e-commerce et l’e-ticketing sont deux exemples qui me viennent immédiatement en tête. Il y en a bien d’autres. La transition numérique est ici un important levier de transformation, en particulier vis-à-vis du capital humain. Elle redéfinit la contribution de l’homme à la création de valeur dans de nouveaux business modèles. Dans ces conditions la résistance au changement doit être appréhendée comme une défense naturelle. George Epinette(2) à raison je crois, de rappeler l’indécence des effets de mode dans ce contexte, et surtout que « l’Homme doit s’efforcer de rester maitre des effets de sa pensée, dans une échelle de temps qui s’est considérablement raccourcie ». Limiter ces projets à leur dimension technologique serait une erreur, tant leur impact socio-économique est prédominant. A la DSI, c’est une compétence clé de l’architecte si cette Direction souhaite conserver le leadership de ces projets.

Faire évoluer le patrimoine applicatif de l’Entreprise, en fonction d’objectifs ou de contraintes de modernisation, relève en revanche d’une autre nature de transformation. L’objectif principal de rationalisation technologique, est bien couvert par les techniques d’architecture dont les professionnels font la promotion aujourd’hui. En effet, inscrire cette évolution en regard de repères métiers stable à l’horizon du cycle de vie des technologies ou des réglementations est une bonne pratique de transformation du SI. C’est l’apport principal des pratiques d’urbanisation. C’est aussi la compétence la plus courante des architectes.

Je ne suis donc pas surpris que la soirée se termine sur le besoin de prendre le temps de définir le métier d’architecte, quand bien même ce vocabulaire a déjà envahi l’espace médiatique dédié! En revanche, je m’étonne en aparté que selon l’ensemble des professionnels réunis ce soir-là, la crédibilité de l’Architecte résiderait principalement dans le fait de ne jamais dire : ni qu’il est Architecte d’Entreprise, ni qu’il fait de l’Architecture. Rare sont les métiers me semble-t-il qui ont autant de pudeur à parler d’eux …

(1) Président fondateur de l’association CESAMES, Professeur à l’Ecole Polytechnique, responsable de la chaire d’Architecture Systèmes

(2) Directeur de l’Organisation et des Systèmes d’Information du Groupement des Mousquetaires, trésorier et administrateur du CIGREF, membre du bureau de l’AE-SCM en charge de la commission CL