Le lieu de la transformation

24/04/13

Je crois profondément aux enjeux de l’excellence opérationnelle. Après la globalisation, le changement d’échelle de l’économie mondiale et le recouvrement des enjeux associés, une nouvelle pratique de la gouvernance se présente désormais comme un défi aux Managers. Dans un contexte économique moins spéculatif, l’essentiel de la production de richesse proviendra demain de la pertinence de l’offre et de la qualité de son exécution sur le marché.

Au service de cette vision, les technologies informatiques offrent aux Managers de fantastiques opportunités pour relever ce challenge. Au-delà des enjeux de productivité directe liés à la dématérialisation et l’automatisation, les plateformes d’aujourd’hui proposent « une organisation intelligente » (Lire la méthode Google de Jeff Jarvis),  permettant de faire des collaborateurs de l’entreprise des agents de sa transformation et de son amélioration permanente.

Selon cet éclairage, la technologie place le DSI au centre des enjeux de l’excellence opérationnelle. Elle fait de sa Direction le lieu de l’intelligence collective, et de sa fonction, l’animateur principal des processus d’innovation et de transformation. Enfin, la compréhension rare de l’apport de la technologie comme levier de reengineering des modèles stratégique et opérant, donnent aux équipes informatiques, une grande légitimité dans la mise au point de nouveaux processus, et casse le vieux modèle maitrise d’ouvrage/maitrise d’œuvre.

Ce sont quelques messages essentiels que j’ai retenu du Thème@Table organisé par Mega et que j’avais le bonheur d’animer très récemment. Durant trois heures, dix professionnels de la DSI ont débattu au fond de leur contribution essentielle aux enjeux de la transformation de leur organisation. A cette occasion, ils ont aussi rappelés la réalité de la complexité de l’industrialisation, dans la double dimension de la performance et de la sécurité.

C’était un message pour leur Direction Générale, dont je me fais le relais dans cet aparté. Vis-à-vis des nouveaux enjeux de gouvernance opérationnelle, où les Directions Générales devront savoir gérer l’équilibre permanent entre productivité, innovation et exposition aux risques, les DSI avec qui je dinais hier, étaient convaincus d’être le partenaire privilégié de leur DG, au moins autant que les autres Directions du Codir. Puisse  cet aparté contribuer à ce message qui me semble tellement fondamental.

You said Architectes!

08/04/13

Quand on sait que la langue anglaise recèle plus de mots que la langue française, et quatre fois plus d’adjectifs,  on se demande si elle ne pourrait pas voler au secours de la définition du métier d’Architecte d’Entreprise. J’avoue que je m’agace parfois d’entendre des professionnels s’affronter sur un contenu légitimement différent, au seul prétexte qu’ils l’ont désigné du même nom.

S’agissant de qualifier les pratiques d’architecture, ce sont des discussions récurrentes dès lors que l’on oublie de préciser leur domaine d’application et la finalité de leur mise en œuvre. Si l’on rajoute à cela la dimension liée aux différents frameworks qui les supportent, la divergence est garantie. Loin de moi la revendication de prétendre à la publication de vérités méthodologiques. Mon objectif se limite ici à une simple volonté de repositionner ces  discussions souvent stériles, au seul niveau du problème à traiter.

Les DSI ont-ils besoin des pratiques de l’architecture pour prendre en main les enjeux de l’excellence et de la gouvernance opérationnelle qui se présentent à eux ? La réponse est incontestablement oui. Ces pratiques doivent-elles répondre aux enjeux de la cartographie, de la gestion d’actifs, de celle des risques ou encore de la transformation ? C’est encore ici un oui sans hésitation. Est-ce que la transformation, selon TOGAF de l’Open Group, pourrait être une pratique d’Architecture d’Entreprise plus légitime que la vision capacitaire de l’OMG au service de la Business Architecture ? Je crois que chercher à répondre à ce type de question est strictement inutile. Ce débat dessert la valeur des approches proposées et en éloigne les professionnels à qui on les destine et qui en ont certainement besoin.

Pour argumenter ce point de vue, et dans l’espace de cet aparté, je vous propose un article plus détaillé sur ce thème. J’espère qu’il contribuera à convaincre les DSI des différents enjeux qui se présentent à eux, et qu’il rassurera les différentes « communautés méthodologiques » sur leur contribution collective à la valeur des pratiques d’architecture. Je vous souhaite une bonne lecture et lirai vos commentaires avec intérêt dans la perspective de la poursuite de cet échange.

Lire l’article : Le(s) Métier(s) d’Architecte(s)