Contradiction et opportunité

23/11/10

Au gré des lectures et des journaux télévisés, l’actualité se remplit de nouvelles affaires de recherche de responsabilités. Laboratoires pharmaceutiques contre tenants de santé publique, patients contre chirurgiens,  familles contre compagnies aériennes, …. La liste est longue pour démontrer l’aversion croissante de nos sociétés au risque. L’idée que la maîtrise de notre destin individuel serait une conséquence de l’évolution, s’installe progressivement. Ce constat discutable n’est pourtant pas la source de la contradiction qui m’interpelle aujourd’hui.

De ces mêmes médias, on apprend également la bonne tenue des places boursières dans le monde et du CAC 40 en particulier. C’est dans l’opposition de ces deux natures d’information que je perçois une contradiction Sociétale.
D’un côté le refus du risque et l’exigence de systèmes de couverture coûteux, de l’autre l’objectif de profitabilité et de rentabilité financière qui engage à en éviter la prise en compte.

Peu à peu et dans tous les domaines, la règlementation apparait comme la solution d’arbitrage de ces antagonismes. Son respect devient progressivement une préoccupation de premier ordre.  C’est certainement vrai pour les automobilistes (alcool, ceinture, vitesse, contrôle technique…..) ça l’est également pour des dirigeants d’entreprise (source étude Mega – Science Po Paris).  Alors comment voir positivement ce qui se vit de fait souvent comme une contrainte ?

Avec le recul et d’un point de vue strictement sociétal, comment trouver inopportunes les règlementations sur la non discrimination, le travail des enfants, ou la protection des seniors ? Est-on choqué par les règlementations sur les polluants, ou la sécurité des installations industrielles ? Voudrait-on remettre en cause les procédures de mise sur le marché des médicaments ? Même si tout cela a un coût,  accordons aux ‘régulateurs’ la prise en compte d’intérêts supérieurs dans la règlementation du fonctionnement de l’humanité.

Il y a fort à parier alors que les règles d’aujourd’hui régiront les grands équilibres de demain, et que leur adoption ne sera pas remise en cause. Est-ce que la conformité dans son ensemble n’est pas tout simplement un problème de développement et de gouvernance durable, bien au-delà des quelques règles qui y sont prétendument consacrées ? C’est la question que je partage avec vous dans cet Aparté.

Des pommes, des poires… et des consultants

02/11/10

Certaines valeurs ne seraient-elles pas en train de changer? La semaine dernière mon marché du samedi est devenu bio. On peut désormais choisir son fournisseur en fonction d’un label de qualité biologique des produits proposés. C’est un choix de rapport qualité / prix, que les consommateurs comprennent et acceptent.

Cette semaine je suis interrogé par l’équipe commerciale de Mega, pour argumenter sur notre responsabilité sociétale et environnementale. Je crois d’abord à une demande ‘’ esthétique ‘’  d’un grand compte en recherche d’image. Même si je n’ai pas complètement renoncé à ce point de vue, je découvre finalement  que l’exercice est noté, lors d’un processus d’achat et que la note rentre pour quelques pourcents dans l’évaluation du fournisseur. Selon ma compréhension, une très bonne note sur ce thème  pourrait compenser un prix de prestation d’environ 5% supérieur. Que faire de ces quelques pourcents au titre d’une responsabilité sociétale ? Même s’ils ne donnent qu’une infime marge de manœuvre vis-à-vis des enjeux adressés, je suis convaincu qu’il est sociétal dans nos métiers de les réinvestir dans le capital humain.

Disposer d’une politique salariale attractive, proposer de confortables conditions de travail, investir régulièrement en formation : c’est se donner les moyens d’attirer des talents dans nos métiers du conseil en organisation. Remettre des intelligences au service de l’excellence opérationnelle c’est redonner aux opérations leurs lettres de noblesse, trop vite sacrifiées sur l’autel de la délocalisation et de la rentabilité trimestrielle. C’est avoir une vision durable et responsable du métier de conseil.

J’aime donc cette demande de prise de responsabilité sur ces sujets militants, et l’acceptation que celle-ci a un coût. En Aparté et dans un monde en grand déséquilibre, je crois que nos économies menacées ne sont pas assez riches pour en faire l’économie. Bravo donc pour ce premier pas dans la transformation des politiques d’achat, qui ont encore beaucoup de travail à faire de leur côté pour redevenir un peu plus sociétales.