Quelle Gouvernance ?

14/05/10

J’avais décidé de changer un peu de sujet. J’avais suffisamment développé de points de vue sur la gouvernance d’entreprise dans mes derniers billets. J’avais donc envie de vous parler un peu plus de système d’information, quand l’actualité me fournit les illustrations de mes précédents propos. Encore un billet donc sur la dépendance entre la gestion des risques et les choix de gouvernance d’entreprise.

Dans cette actualité, ce n’est pas tant ‘le talent’ de Jérôme Kerviel ou de Fabrice Tourre à faire trembler l’économie mondiale qui a retenu mon attention, mais bien d’avantage l’effondrement de la plate-forme pétrolière de BP. Cette catastrophe industrielle est d’ailleurs certainement plus parlante pour illustrer la limite de la seule gouvernance financière dans une politique de gestion de risque, que tout autre exemple. Si nous étions dans l’hypothèse de la survenance d’un tel évènement, quel mixte de fonds propres et d’assurance aurait-on simulé ? Nous sommes ici dans le cas typique du risque ‘peu fréquent’ mais ‘très sévère’. Comme pour ‘l’affaire Kerviel’, il y a fort à parier que quelle que soit la rigueur probable de BP dans la modélisation de ses risques, l’ampleur des conséquences ait largement dépassé les capacités des modèles.

La réponse rétrospective à ce qui s’annonce comme une catastrophe écologique majeure, est une fois encore la prévention par les techniques de l’assurance qualité. La future règlementation que l’on évoque conduira à la mise en place de sévères procédures de contrôle sur des instruments de mitigation de risques opérationnels (vannes, tests, essais, …). Ces dispositifs qui visent à réduire la probabilité de survenance et l’ampleur du sinistre, font partie du dispositif d’excellence opérationnelle, qui ne peut être que l’instrument principal de maîtrise des risques.

Dans cet Aparté, et en vous renvoyant à la lecture de mon white paper sur ce thème, je voudrais juste partager avec vous l’idée que , face à son exposition aux risques aucune entreprise n’est assez riche pour faire l’économie d’un sérieux dispositif de mitigation opérationnel. Ne faites pas comme 80% de nos concitoyens, n’attendez pas d’être cambriolé pour vous doter d’un système anti effraction…

White paper - Gestion des risques - F.Tabourot