Où chaque partie est forcément un morceau du tout

17/06/09

Aujourd’hui il fait vraiment beau et malgré le volume de travail, mon attention est attirée à l’extérieur par cette belle lumière du presque été Parisien,  je regarde par les fenêtres, et dans cette minute pourtant voulue contemplative, la vision qui s’offre à moi me ramène malgré moi à la valeur de l’Architecture d’Entreprise.

Chantier de reconstruction de l'Hôpital Necker (Paris)

Chantier de reconstruction de l’Hôpital Necker (Paris)

La photo n’a évidement aucune prétention artistique, elle matérialise simplement la vue que nous avons depuis les étages de nos bureaux du Boulevard du Montparnasse sur le chantier de reconstruction de l’Hôpital Necker.  Au-delà de la valeur créative ou du parti pris architectural qui est associé à ce projet, quand on l’observe dans ses phases initiales et donc du seul point de vue technique et managérial, il est une évidence que pour chaque phase du projet, une certaine vision du tout a préexisté à la mise en œuvre technique des différentes parties.

J’ignore s’il existe ce que d’aucun appelleraient volontiers un FrameWork d’urbanisation pour ce type d’ouvrage, mais ce qui est certain c’est que pour pouvoir organiser la réalisation coopérative de chacun des sous-ensembles et garantir à terme leur parfaite intégration, quelqu’un a conduit un projet d’architecture, qui traite principalement du découpage en sous systèmes et de leurs contraintes d’intégration future.

C’est sous mes yeux une pratique incontournable lorsque le système est complexe, et qu’il doit s’inscrire dans une durée de vie qui justifie nécessairement cet effort initial. C’est tellement souvent le cas dans les projets  de modernisation des grandes organisations, que je m’interroge En Aparté sur la toujours grande difficulté de convaincre de l’intérêt d’inscrire les différents projets d’évolution d’une entreprise dans une certaine vision d’un tout.  Si la conduite de ce chantier permet d’y contribuer, je ne manquerai pas de vous en reparler ….

>> http://www.nouveau-necker.aphp.fr/

Développement durable… des idées

05/06/09

Je partageais récemment un charmant diner avec des professionnels du conseil, quand notre conversation nous a conduits à évoquer nos points de vue respectifs sur les thèmes généraux de gouvernance d’entreprise. Après avoir évoqué l’accélération de l’évolution des économies mondiales, nous tentions d’en déduire collectivement la nécessité d’une entreprise agile, flexible autant que malléable, tant en termes de business model que de méthode de gouvernance.  C’est finalement un sujet assez banal qui remplit les colonnes de nombreux magazines.

Pourtant à chaque fois que je m’investis dans cette réflexion, je ne peux m’empêcher de penser que l’agilité dont on parle se gagne au détriment de la capitalisation des assets opérationnels,  des investissements, d’une partie des savoir-faire, et finalement en totale opposition avec tout principe de développement durable. Cette quête de diminution des valeurs d’exploitation des grandes organisations conduit presque toujours à la perte de tout ce qui contribue à la création de valeur dans le temps. Lorsque l’on regarde,  en particulier en cette période de crise, le comportement de l’économie britannique qui a renoncé à son appareil industriel au profit de l’agilité de son économie de services, on se demande par exemple, si ce modèle a la moindre chance de stabilité.

Et si finalement, à contre courant d’une mode éditoriale, on s’accordait à dire que l’économie certes évolue, mais d’abord beaucoup moins vite que la spéculation qui l’accompagne, et en tout état de cause avec beaucoup moins de ruptures et de changements de paradigmes que l’on imagine ; en particulier si l’on considère la chaîne de valeur ajoutée dans sa totalité. Alors, sans renoncer à l’idée de la modernisation, mais certainement à celle de la spéculation, plutôt que de chercher a priori à se débarrasser de ce qui alourdit le bilan, pourquoi ne pas se demander d’abord ce que l’on pourrait faire de nouveau avec ce qui fut certainement un jour un savoir-faire, un procédé ou une machine créatrice de valeur. Une nouvelle fois, je suis convaincu que c’est l’excellence du fonctionnement de « l’usine » au service de la pertinence de l’offre qu’elle produit, qui contribuera principalement au développement durable de valeur. C’est un Aparté sur lequel je ne manquerai pas de revenir.