A Amsterdam….

24/10/12

Septembre 2012, c’est la conférence européenne annuelle de l’IIA. Elle se tient à Amsterdam, à quelques heures de Paris, j’y assiste. Le centre-ville expose l’architecture de cette ancienne grande puissance européenne. Le choix des lieux, et en particulier l’ancienne bourse d’Amsterdam pour le déroulé du programme, et les locaux de l’ancienne compagnie des Indes pour le dîner de gala, nous renvoient à l’époque d’une Europe de conquêtes, d’aventures et d’entreprises.

Retour au 21ième siècle et à l’actualité des activités et des métiers de l’audit et du contrôle. D’abord je trouve l’association professionnelle IIA, extrêmement bien organisée et très bien structurée au travers le monde. Parmi les 400 participants et les 30 speakers, de nombreux représentants de l’IIA sont présents et je m’attends à des exposés de grande qualité. J’assiste à toutes les présentations des key note speakers et je ne suis pas déçu. Au-delà de la qualité formelle, je ressens une grande cohérence dans les messages que j’entends des orateurs qui se succèdent.

J’ai un sentiment de course engagée entre la dangerosité d’un monde en expansion, et une volonté politique et sociétale de régulation et de plus grande protection. C’est l’enjeu du risk management qui est au centre des débats. On réaffirme d’abord que la nature, le nombre et les conséquences des risques associés à nos modèles économiques modernes peuvent prendre des proportions simplement gigantesques. Jules Muis rappellera sa prédiction ancienne vis-à-vis de la crise économique actuelle, qu’il met au crédit de sa prédiction d’aujourd’hui d’un plus grand besoin de pouvoir pour les structures de contrôle en général et pour l’audit interne en particulier. Nombreux sont les intervenants qui ont rappelé la vertu du ‘three lines of defense model’ mis conjointement au point par l’association des risques managers et celle des auditeurs internes. Carolyn Dittmeier détaillera son programme de travail avec la commission européenne pour que ce qui n’est aujourd’hui encore qu’une bonne pratique de gouvernance, deviennent une directive Bruxelloise.

J’ai en tête la conclusion de notre livre blanc et le pari fait sur l’audit interne. Plus que jamais à Amsterdam, je pense que ces professionnels du contrôle vont jouer un rôle déterminant dans la surveillance et l’amélioration continue de leurs organisations. La compréhension des opérations et leur proximité avec le board sont des atouts qui ne vont que se renforcer.

Néanmoins une interrogation demeure. Chaque exposé, si ce n’est l’intégralité de certains d’entre eux, met en évidence le besoin de légitimité de l’Audit, du soutien de l’entreprise et de son management. Une telle fréquence de ce message collatéral, finit par en faire un message essentiel. Alors, à l’occasion de cet aparté, je partage avec vous mon interrogation. Pourquoi le management aurait-il peur des recommandations de l’audit ? Je crois, et l’un des intervenants l’a confirmé, que la transformation est aussi une science de l’humain. Parier sur l’audit, c’est sans doute certainement investir dans ce domaine avec eux.

Le nouveau monde en marche

31/01/11

J’étais encore en train de me demander comment j’allais développer avec vous les idées évoquées dans ma vidéo de rentrée, quand j’entends le discours de Barack Obama. Porté par son talent d’orateur, je ressens  sa forte  volonté de mobiliser son pays tout entier autour d’un nouveau leadership de son économie réelle. Innovation, créativité, performance,  sont quelques mots que j’extrais à la volée et qui nourrissent ma conviction que le talent collaboratif des hommes et femmes des entreprises sera demain la principale source de création de richesse de nos économies matures.

Après la ‘minute de magie’,  je m’interroge immédiatement sur les moyens dont disposent  réellement les dirigeants et managers des organisations, grandes ou petites, pour évaluer et piloter ce qui se formule comme un enjeu sociétal majeur dans la bouche de l’un des grands dirigeants de ce monde.  Lorsque l’on connait ne serait-ce que l’impact du simple facteur de motivation, comment s’assurer de la contribution optimale des collaborateurs à la performance de l’entreprise? Cette réflexion n’est pas nouvelle. Elle a été portée au cours de ces dernières années par de nombreuses fonctions supports. Les Directions de la qualité, de l’organisation, du contrôle interne, des risques, du contrôle de gestion… ont mis au point successivement des pratiques de l’excellence opérationnelle. Ainsi, approche processus, Balanced Scorecard, qualité totale, autoévaluation, gestion des incidents ont été développées par des intelligences qui ont toujours considérées les collaborateurs comme les agents de la surveillance et de l’amélioration permanente des opérations.

Si comme Barack Obama, nous voulons que nos entreprises redeviennent sociétales dans une économie réelle, Il faut impérativement compléter la gouvernance financière par une gouvernance durable, qui met en œuvre la synthèse des pratiques évoquées ci-avant. La technologie est disponible, les outils existent, ayons au-delà de cet Aparté la volonté de proposer aux dirigeants d’autres tableaux de bord que seulement  ceux de la Direction Financière, le nouveau monde en a besoin.