Quelques semaines depuis début septembre, durant lesquelles j’ai rencontré de nombreux directeurs des systèmes d’information. J’essaie de faire une synthèse et je suis partagé entre l’idée que leur métier n’a plus rien à voir avec ce qu’il était il y a seulement 10 ans et l’implacable constat que certains fondamentaux sont irrémédiablement les mêmes.
Dans le camp des changements, il y a bien sûr le contexte général de la mondialisation, l’accélération du temps, la révolution technologique et toutes les complexités associées. Au premier rang des fondamentaux, s’affiche la question centrale : comment fournir à l’entreprise des applications qui correspondent à ses besoins ? Question de la première heure, qui revient par la fenêtre à chaque fois qu’on la sort par la porte !
Je regarde, j’analyse et je suis bien obligé de me dire que sur le thème de l’expression de besoins on est toujours dans la même difficulté de dialogue entre l’utilisateur et son assistance à maîtrise d’ouvrage ; le développeur et son assistance à maîtrise d’œuvre et depuis quelques années l’architecte ou l’urbaniste garant de la meilleure réutilisation du legacy.
On invente de nouvelles méthodes ou de nouvelles responsabilités, mais au fond, on ne fait que faire du pousse-pousse en essayant de déporter ou de diluer la responsabilité du sujet récurent : quelqu’un doit dire ce qu’il faut faire, un autre comment le faire et un troisième s’engager à le faire.
Dans l’intimité de cet aparté, je voudrai partager avec vous la conviction que si l’évolution des méthodes, en particulier de modélisation, accompagne celle de la complexité des projets informatiques, elles ne pourront jamais compenser le talent des professionnels garant de leur réussite. Il y a là un véritable enjeu de reprofessionnalisation de ces métiers, et j’espère que le marché de l’emploi laisse quelques visionnaires dans ce vaste domaine de la maîtrise d’ouvrage, que l’histoire proche reconnaitra sans doute comme une pratique de développement durable de nos grandes organisations. Pour que cette prédiction se réalise, c’est un message qui devra sortir de cet aparté…



Bonjour,
je partage totalement votre analyse des difficultés rencontrées dans les DSI. Cela fait prêt de 20 ans que je travaille dans des grandes DSI (ministère, télecom, finance et banque), et je constate comme vous, que les problèmes sont toujours les mêmes : difficultés de dialogues, faiblesse des expressions de besoins et des analyses, une professionnalisation approximative. Alors que d’un autre coté, la complexité des projets croît, tout comme la technologie qui nous permet en théorie d’aller plus vite. En bref, toujours les mêmes écueils, mais plus vite plus vite…
J’en profite justement pour vous poser une question.
Je précise avant que je suis client de MEGA (et utilisateur depuis longtemps).
Comment se fait-il que sur le site web de MEGA vous ne mettiez justement pas plus en avant le coté modélisation : il n’y a pas une seule image ! pas un seul schéma représentant des diagrammes issus de votre outil !
Je partage l’analyse que vous faites sur l’évolution des outils de modélisation pure vers de véritables référentiels d’entreprise (gestion des risques, pilotage des processus, catalogue opérationnel d’application…). MEGA en a prit clairement le virage et c’est un vrai plus. Il n’en reste pas moins que la complexité croissante ne peut être traité sans modélisation, et sans vrai professionnel de la modélisation (sur la stratégie, les risques, les processus, l’architecture fonctionnelle, applicative et technique, les trajectoires, etc…).
bien cordialement
Luc PIERRE-DIT-MERY