Innover pour quoi faire?

3 avril 2016

Nous nous interrogeons beaucoup sur les enjeux de l’innovation. Les dîners du cercle de l’excellence, l’étude réalisée par Brighten qui complète d’autres études sur ce thème, confirment la vision unanime des dirigeants. Innover est indispensable, stratégique, vital parfois et souvent bon nombre des moyens mis en œuvre pour y parvenir pourraient être améliorés.

Mais pour aller plus loin, il nous faut rappeler que la perception de la valeur de l’innovation, est sensiblement différente selon qu’on l’observe du point de vue de l’entreprise ou du point de vue du client. D’où cette question : Innover pour quoi faire ?

L’histoire du développement économique ne retient souvent comme entreprises innovantes, que celles qui ont osé la première fois enrichir, transformer ou inventer une nouvelle proposition de valeur client sur un territoire donné. L’entreprise, elle, en générale, parle de sa capacité d’innovation comme la mesure de son effort de transformation, pour passer d’un état d’organisation à un autre. Cet effort adresse souvent davantage l’amélioration de la rentabilité du service rendu que la redéfinition du service lui-même.

Ainsi la « transformation digitale », recouvre-t-elle souvent dans l’entreprise la seule intensification de l’automatisation des process et l’amélioration de la productivité du service délivré. On met en oeuvre des innovations défensives au service de la compétitivité. Course permanente inévitable, elles mobilisent une part importante de la capacité d’investissement. Elles permettent à l’entreprise de rester performante, mais n’en feront probablement jamais une entreprise leader. Lutter contre l’e-commerce sur le terrain de la productivité de son réseau de distribution physique est une bataille perdue d’avance par exemple. Promouvoir le véhicule électrique en concurrence avec l’usage historique du véhicule thermique, passe à côté des enjeux de l’auto-partage.

Dans ce combat d’ « océan rouge » et de recherche permanente d’efficacité, l’énergie dépensée laisse-t-elle encore de la place aux réflexions plus offensives, plus créatives, plus stratégiques? Celles qui enrichissent la proposition de valeur selon le point de vue du client? Faire installer la TNT ou distribuer des médicaments chez les personnes âgées par des facteurs pour compenser la baisse du trafic du courrier, est par exemple, le résultat de ce type de réflexion.

Produire des idées nouvelles qui dépassent les enjeux de l’excellence opérationnelle est une responsabilité de dirigeants. Pour aller plus loin, nous espérons vous retrouver avec vos équipes le 2 juin 2016 au St James Club de Paris à l’occasion de notre séminaire sur le sourcing et le financement de l’innovation, pour ensemble « Making Companies Better ».

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