Cette phrase accompagnait l’entrée de Bertrand Sellos(1) dans mon bureau à la recherche d’un échange sur l’analyse des processus. C’est l’actualité que j’ai choisi pour revenir sur quelques messages essentiels relatifs à l’excellence et à la gouvernance opérationnelle.
Dire que « L’ordinateur est un homme comme les autres », c’est assumer l’idée que dans les mécanismes de création de valeur, lorsque les flux sont dématérialisés, la contribution de la tâche automatique à leur transformation est en tout point comparable à la contribution de l’homme sur le flux matériel. (C’est d’ailleurs le principe qui a prévalu à la révolution industrielle avec la substitution de tâches manuelles par des machines). Ce constat que des ressources de nature différente joueraient des rôles comparables dans les chaînes de valeur en fonction de la nature du flux, a évidemment un impact sur la manière de décrire et d’analyser la performance des processus.
Pour respecter les principes de la systémique et de l’analyse de la valeur, il est souhaitable qu’une approche processus soit d’abord fondée sur une représentation fonctionnelle de la chaîne de valeur. En revanche, la représentation opérationnelle des processus doit, en complément, faire cohabiter au même niveau d’abstraction les opérations ‘manuelles’ et les opérations ‘automatisées’. C’est une condition indispensable pour disposer, dans un même modèle, d’une représentation complète des mécanismes de création de valeur.
Cette analogie de rôles des ressources systèmes et humaines vis-à-vis de la transformation des flux, s’applique également à la supervision de l’exécution du processus. Si l’on hésite parfois à faire cohabiter dans une même représentation de process les deux types de ressources évoquées, on attribue souvent spontanément la supervision de l’exécution au système, en particulier pour la production de tableaux de bord. Si les opérations manuelles partagent les mêmes objectifs de performance que des opérations automatisées au titre d’un processus, elles doivent contribuer à l’identique à la supervision des opérations. C’est précisément dans ce domaine que « l’homme ne sera jamais un ordinateur comme les autres », car s’il est capable de rendre compte, il est surtout capable d’intelligence et de proposition.
C’est en le considérant dans sa contribution au process, également comme un agent de l’amélioration permanente que l’on peut mettre en place une gouvernance opérationnelle à la hauteur des enjeux d’excellence d’aujourd’hui. C’est un sujet sociétal majeur qui dépasse comme d’habitude largement la cadre de cet aparté et sur lequel je ne manquerai pas de revenir.
(1) Bertrand Sellos est Directeur conseil en charge de la BU Assurance chez Mega



En appliquant le principe ci-dessus au processus d’architecture d’entreprise, on saisit toute l’importance de son pilotage, par le seul agent légitime d’amélioration permanente : l’architecte d’entreprise lui-même. Il analyse les informations fournies par les systèmes qui automatisent tout ou partie de son processus, et prend les décisions d’amélioration appropriées.
Effectivement, l’ordinateur devient de plus en plus un homme comme les autres.
A ce sujet, le test de Turing consistait à évaluer l’intelligence d’un ordinateur en essayant de le faire passer par un humain dans le cadre d’une conversation quelconque.
IBM a récemment réussi le test en laissant un ordinateur concourir et gagner au jeu télévisé Jéopardy.
Dans quelques décennies, l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine.
cf. l’article sur le sujet de The economist
http://www.economist.com/node/18329616?story_id=18329616