Tant qu’il y aura des hommes

21/12/09

Je crois que ce sera mon dernier billet de cette année 2009. Quel bilan faire de l’année qui ne soit pas d’abord celui de projets de GRC ?

En 2009, comme nos concurrents et confrères, éditeurs ou consultants, nous avons répondu à une forte sollicitation du marché sur les thèmes de la gestion des risques opérationnels et du contrôle interne. Réponse à de longs questionnaires, démonstrations de solutions, proof of concepts, projets pilotes, sont les activités récurrentes qui ont rempli les calendriers de nos collaborateurs en France. Au bout du compte que reste t-il de toute cette énergie investie au service de cette louable cause ?

Si l’on fait abstraction de tous les projets reportés ou de ceux qui ont tout simplement disparu durant leur cycle d’instruction, le bilan est mitigé. Lorsqu’il s’agit de mettre en place un dispositif de contrôle de l’information financière, un budget pour la compliance est mis en évidence. Mais comme le projet est systématiquement abordé sous l’angle de la contrainte règlementaire, le plus petit est ce budget, le moins douloureux est la « punition ». Lorsqu’il s’agit de mettre sous contrôle les risques opérationnels, donc l’exécution des opérations, l’idée de devoir convaincre dans des contextes de compression budgétaire limite souvent l’ambition du projet.

Il y a néanmoins là une vraie question de fond. Si les comités de Direction et les structures supports qui les assistent, ont du mal à entendre ou à vendre que le point de vue que les opérations et les hommes qui les portent, sont des agents économiques majeurs vis-à-vis de la vraie production de valeur, il faut intensifier nos efforts.

Il faut convaincre les Dirigeants de dégager les budgets qui permettent de responsabiliser les hommes et les femmes de l’entreprise dans des processus d’amélioration permanente en profitant des possibilités offertes par la technologie d’aujourd’hui. Ils doivent savoir tout le profit qu’ils pourraient tirer de tableaux de bord qui leur fournissent des vues simples des points de vue de ceux qui portent le business modèle et l’exécution de la stratégie. Tant qu’il y aura des hommes dans les entreprises –et pour longtemps encore- il y aura un enjeu de compétitivité majeur dans la précision de leur management.

Engager ces budgets c’est maximiser la contribution de l’homme à son entreprise, c’est redonner du sens au rôle même de  l’entreprise. En 2010, avec notre équipe de Directeurs, nous serons à vos cotés pour convaincre vos dirigeants, et aux cotés des dirigeants pour convaincre les actionnaires si nécessaire.

Vive 2010 et excellentes fêtes de fin d’année.

Le temps de la réappropriation de l’organisation

12/11/09

Depuis quelques temps une pensée occupe mon esprit, lorsque j’entends qu’au sein de grandes organisations, des cadres se suicident au bureau. Loin de moi l’idée de produire un billet opportuniste sur un sujet aussi sensible, mais il y a là une concordance de temps qui me pousse à formuler plus précisément la réflexion qui s’élabore en moi.

Pour mon plus grand plaisir, je travaille plusieurs fois par semaine, avec des opérationnels comme des décideurs économiques, sur des sujets de gestion de risques et de contrôle interne. J’entends le poids de la règlementation, parfois le spectre de son risque pénal associé, les contraintes de calendrier, l’absence d’alternative et le passage obligé … et d’une manière générale, que la principale motivation des projets de Gouvernance Risque et Conformité, c’est la contrainte légale.

Je partage le point de vue que l’application de règles de solvabilité, d’éthique ou de déontologie ne peut résulter que d’une obligation, et qu’au nom de l’équilibre économique mondial, il est essentiel de légiférer sur ces sujets. En revanche,  je pense que l’on commettrait une grave erreur, en essayant d’emporter dans le même élan, la gestion des risques opérationnels et leur contrôle interne. En la matière et à cet instant, les opérations et les opérationnels, ont bien d’avantage besoin de motivation que d’obligation.

De quoi s’agit-il en fait ? De cartographier les risques pouvant faire obstacle à l’exécution de la stratégie et d’imaginer les contrôles associés. De déployer, au sein de l’organisation un dispositif d’évaluation de l’efficacité, de proposition et de suivi de plans d’actions, dans le cadre d’une politique d’amélioration continue. Il s’agit donc de faire des collaborateurs de l’entreprise les gardiens de la bonne exécution des processus ainsi que les principaux promoteurs de l’excellence opérationnelle.

Entre les mains du top management des grandes organisations, ces projets de GRC doivent être vus comme une fantastique opportunité de réappropriation des processus, et plus généralement de l’entreprise par les opérationnels. Donner les moyens aux collaborateurs d’être réellement partie prenante de leur organisation, n’est-ce pas l’un des enjeux sociaux-économique majeur du capitalisme moderne ? C’est encore une question qui dépasse le cadre de cet Aparté

Pousse-pousse

26/10/09

Quelques semaines depuis début septembre, durant lesquelles j’ai rencontré de nombreux directeurs des systèmes d’information. J’essaie de faire une synthèse et je suis partagé entre l’idée que leur métier n’a plus rien à voir avec ce qu’il était il y a seulement 10 ans et l’implacable constat que certains fondamentaux sont irrémédiablement les mêmes.

Dans le camp des changements, il y a bien sûr le contexte général de la mondialisation, l’accélération du temps, la révolution technologique et toutes les complexités associées. Au premier rang des fondamentaux, s’affiche la question centrale : comment fournir à l’entreprise des applications qui correspondent à ses besoins ? Question de la première heure, qui revient par la fenêtre à chaque fois qu’on la sort par la porte !

Je regarde, j’analyse et je suis bien obligé de me dire que sur le thème de l’expression de besoins on est toujours dans la même difficulté de dialogue entre l’utilisateur et son assistance à maîtrise d’ouvrage ; le développeur et son assistance à maîtrise d’œuvre et depuis quelques années l’architecte ou l’urbaniste garant de la meilleure réutilisation du legacy.
On invente de nouvelles méthodes ou de nouvelles responsabilités, mais au fond, on ne fait que faire du pousse-pousse en essayant de déporter ou de diluer la responsabilité du sujet récurent : quelqu’un doit dire ce qu’il faut faire, un autre comment le faire  et un troisième s’engager à le faire.

Dans l’intimité de cet aparté, je voudrai partager avec vous la conviction que si l’évolution des méthodes, en particulier de modélisation, accompagne celle de la complexité des projets informatiques, elles ne pourront jamais compenser le talent des professionnels garant de leur réussite. Il y a là un véritable enjeu de reprofessionnalisation de ces métiers, et j’espère que le marché de l’emploi laisse quelques visionnaires dans ce vaste domaine de la maîtrise d’ouvrage, que l’histoire proche reconnaitra sans doute comme une pratique de développement durable de nos grandes organisations. Pour que cette prédiction se réalise, c’est un message qui devra sortir de cet aparté

Bonnes résolutions

11/09/09

Fin des vacances, retour au bureau. Avant de replonger dans les bonnes résolutions pour le dernier tiers de l’année, je fais rapidement le bilan de mes objectifs d’été. J’avais quelques projets d’écriture et d’autres de lecture, objectifs tenus.

Je rentre avec la confirmation que la préoccupation dominante des pratiques de gestion des risques, telles qu’elles sont publiées dans les ouvrages de référence, ou débattues au sein des organisations professionnelles, est incontestablement, la garantie de solvabilité de l’entreprise face à son exposition aux risques (en particulier pour les entreprises financières). Toujours pas le moindre chapitre dédié à la gouvernance de l’excellence opérationnelle !

La méthode d’évaluation du risque et surtout de comptabilisation dans un contexte règlementaire, reste un exercice de spécialiste de la statistique, de la comptabilité et de la règlementation. A ce sujet et si vos congés vous ont été suffisamment profitables pour le moral, vous pouvez lire « la crise et après » de Jacques Attali qui explique simplement certains de ces mécanismes pourtant complexes. Dans cette vision, si les risques résultent de l’exécution des opérations, ils n’ont d’intérêt que pour l’évaluation de leur contrepartie en ‘capital at risk’ issue de leur modélisation mathématique. ‘Cartographie’ et ‘modélisation’ ne sont ici que des faux amis sémantiques qui ne font pas référence à des compétences d’organisateurs. En revanche, ce qu’il convient d’organiser et de doter d’un système d’information dédié, c’est si nécessaire, la collecte des incidents utiles à l’élaboration du modèle, et certainement le dispositif de contrôle qui garantit sa bonne mise en œuvre. Ce sont donc des problèmes bien différents en compétence comme en outillage et certains débats ‘GRC’ gagneraient en clarté en ne faisant pas l’économie de préciser les objectifs entre modélisation mathématique des risques et organisation du contrôle interne.

Cette écrasante vision courante qui ne justifie les pratiques de gestion de risques qu’au titre de la préservation du modèle économique mondial, ne laisse rien à ceux qui dans les opérations, chaque jour travaillent à l’excellence opérationnelle de l’entreprise. Si la domination de la culture du financier continue d’occuper tout l’espace y compris jusqu’au concept de gouvernance, qui réinventera le Taylorisme, le juste à temps, les flux tendus, la mise en ilots, l’agilité des processus…, pour faire que l’entreprise de demain réponde à sa nécessaire mission socio-économique ?

C’est un sujet qui doit sortir de cet Aparté, et je prends la nouvelle bonne résolution de tout faire pour y contribuer.

Bon appétit !

08/07/09

Le 24 juin 2009 conférence annuelle de l’AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise) . Quel plaisir de participer à un tel événement. La liste des participants comme le Curriculum Vitae des intervenants, promet un échange de haut niveau, et certainement la mise en lumière de bonnes pratiques dans les domaines de la gestion des risques, thème central de cette journée d’échange.

Le ton est donné dès l’ouverture par l’intervention (improvisée) de Joël Hervé Lorenzi, économiste autorisé au plus haut niveau. J’entends des phrases que je note à la volée et qui me stupéfient. Après avoir rapidement rappelé que tous les économistes avaient prévu la crise économique mondiale, et savent que les théories mathématiques de prévision des risques financiers sont fausses, on passe à la leçon de morale de ceux qui ont sacrifié la leur sur l’Autel du rendement spéculatif de ces 20 dernières années.
Je note : « les systèmes économiques ne fonctionnent que si les hommes et les femmes qui les dirigent en sont responsables », « Si le monde ne redevient pas moral, il retombera dans les mêmes difficultés », « Il faut revenir à une vision plus messianique du capitalisme ».
Il serait probablement discourtois de douter de la sincérité de ces propos, mais je mets toutefois un chapeau de coté, au cas où le monde redeviendrait ce qu’il était et que quelques économistes politiquement corrects aient de nouveau l’obligation d’en avaler un ou deux publiquement avec bon appétit. En tout cas, celui de Jim Cramer est sans doute intact sur son porte manteau depuis aout 2007, date de son intervention.

Après cette mise en bouche, j’écoute avec plaisir les professionnels qui se succèdent sur l’estrade. L’impression dominante est résumée dans une synthèse donnée par un Partner d’un big four « la gestion des risques permet de protéger le modèle économique de l’Entreprise », et finalement l’économie tout court.
Je pars avec la confirmation que pour les commissaires aux comptes, les assureurs et les représentants des administrateurs, la gestion des risques n’est vue qu’au travers de son impact sur le bilan et de la responsabilité des administrateurs. C’est certainement une contrepartie essentielle, mais ce n’est pas la seule. Il manquait de l’espace à ceux qui font de la gestion des risques un outil de gouvernance des opérations, de conquête de parts de marché, de satisfaction client, ceux qui pensent que l’excellence de l’exécution des opérations pourrait devenir, en anticipation des prévisions des économistes, le principal levier de création de valeur à moyen terme pour l’entreprise, ses clients et de ses actionnaires.

 

C’est définitivement l’une de mes convictions qui guide et guidera l’essentiel de nos Apartés.

Où chaque partie est forcément un morceau du tout

17/06/09

Aujourd’hui il fait vraiment beau et malgré le volume de travail, mon attention est attirée à l’extérieur par cette belle lumière du presque été Parisien,  je regarde par les fenêtres, et dans cette minute pourtant voulue contemplative, la vision qui s’offre à moi me ramène malgré moi à la valeur de l’Architecture d’Entreprise.  

Chantier de reconstruction de l'Hôpital Necker (Paris)

Chantier de reconstruction de l'Hôpital Necker (Paris)

La photo n’a évidement aucune prétention artistique, elle matérialise simplement la vue que nous avons depuis les étages de nos bureaux du Boulevard du Montparnasse sur le chantier de reconstruction de l’Hôpital Necker.  Au-delà de la valeur créative ou du parti pris architectural qui est associé à ce projet, quand on l’observe dans ses phases initiales et donc du seul point de vue technique et managérial, il est une évidence que pour chaque phase du projet, une certaine vision du tout a préexisté à la mise en œuvre technique des différentes parties. 

J’ignore s’il existe ce que d’aucun appelleraient volontiers un FrameWork d’urbanisation pour ce type d’ouvrage, mais ce qui est certain c’est que pour pouvoir organiser la réalisation coopérative de chacun des sous-ensembles et garantir à terme leur parfaite intégration, quelqu’un a conduit un projet d’architecture, qui traite principalement du découpage en sous systèmes et de leurs contraintes d’intégration future.

C’est sous mes yeux une pratique incontournable lorsque le système est complexe, et qu’il doit s’inscrire dans une durée de vie qui justifie nécessairement cet effort initial. C’est tellement souvent le cas dans les projets  de modernisation des grandes organisations, que je m’interroge En Aparté sur la toujours grande difficulté de convaincre de l’intérêt d’inscrire les différents projets d’évolution d’une entreprise dans une certaine vision d’un tout.  Si la conduite de ce chantier permet d’y contribuer, je ne manquerai pas de vous en reparler ….

>> http://www.nouveau-necker.aphp.fr/

Développement durable… des idées

05/06/09

Je partageais récemment un charmant diner avec des professionnels du conseil, quand notre conversation nous a conduits à évoquer nos points de vue respectifs sur les thèmes généraux de gouvernance d’entreprise. Après avoir évoqué l’accélération de l’évolution des économies mondiales, nous tentions d’en déduire collectivement la nécessité d’une entreprise agile, flexible autant que malléable, tant en termes de business model que de méthode de gouvernance.  C’est finalement un sujet assez banal qui remplit les colonnes de nombreux magazines.

Pourtant à chaque fois que je m’investis dans cette réflexion, je ne peux m’empêcher de penser que l’agilité dont on parle se gagne au détriment de la capitalisation des assets opérationnels,  des investissements, d’une partie des savoir-faire, et finalement en totale opposition avec tout principe de développement durable. Cette quête de diminution des valeurs d’exploitation des grandes organisations conduit presque toujours à la perte de tout ce qui contribue à la création de valeur dans le temps. Lorsque l’on regarde,  en particulier en cette période de crise, le comportement de l’économie britannique qui a renoncé à son appareil industriel au profit de l’agilité de son économie de services, on se demande par exemple, si ce modèle a la moindre chance de stabilité.

Et si finalement, à contre courant d’une mode éditoriale, on s’accordait à dire que l’économie certes évolue, mais d’abord beaucoup moins vite que la spéculation qui l’accompagne, et en tout état de cause avec beaucoup moins de ruptures et de changements de paradigmes que l’on imagine ; en particulier si l’on considère la chaîne de valeur ajoutée dans sa totalité. Alors, sans renoncer à l’idée de la modernisation, mais certainement à celle de la spéculation, plutôt que de chercher a priori à se débarrasser de ce qui alourdit le bilan, pourquoi ne pas se demander d’abord ce que l’on pourrait faire de nouveau avec ce qui fut certainement un jour un savoir-faire, un procédé ou une machine créatrice de valeur. Une nouvelle fois, je suis convaincu que c’est l’excellence du fonctionnement de « l’usine » au service de la pertinence de l’offre qu’elle produit, qui contribuera principalement au développement durable de valeur. C’est un Aparté sur lequel je ne manquerai pas de revenir.

Vous avez dit objectivité ?

15/05/09

Parmi les différents sujets, qui créent aujourd’hui les conditions du débat sur le marché, figure en bonne position la réflexion sur les pratiques de gouvernance d’entreprise et en particulier le pilotage et les tableaux de bord associés. En réfléchissant à partager avec vous un point de vue sur ce sujet, il me revient immanquablement en mémoire l’une de mes belles rencontres avec Louis Gallois* à l’occasion d’un contrat de conseil au sein de l’entreprise qu’il dirigeait à l’époque. Je ne pense pas trahir sa réponse en rapportant ici qu’il m’expliquait ne pouvoir piloter son entreprise que sur la base d’un «assemblage de faits marquants», remontées par le management, et qu’il s’attachait à rendre cohérents pour élaborer une vision lui permettant de décider des priorités. Au même moment, la réflexion sur l’offre de tableaux de bord, souvent confiée à des directeur financiers, était réduite à sa difficulté technologique ; leur contenu ayant explicitement pour but de mécaniser la prise de décision à partir de critères réputés strictement objectifs.

Seulement quelques années après, les choses ont peu changées, il y a toujours d’un coté la culture de l’absolu déterminisme, qui laisse à penser que celui qui élabore mathématiquement les conditions de la prise de décision, vaut plus que celui qui la prend, et de l’autre, des entrepreneurs ou des visionnaires, dont la quête permanente consiste à nourrir et éclairer leurs intuitions avec des sentiments ou des opinions. Si pour parler de tableaux de bord stratégiques et de prise de décision, il faut choisir un camp, alors je serais au coté des intuitifs. Avec eux je partage la conviction que si la gouvernance, à quelque niveau que ce soit, pouvait se réduire à une suite objective d’inférences pondérées, l’humanité n’aurait probablement pas connu la même évolution.

Alors, dans l’entreprise, si la prise de décision opérationnelle n’est pas déterministe, si elle n’est que rarement fondée sur des données objectives, de quoi a-t-elle besoin pour avoir un sens managérial ?
Elle a tout simplement besoin du point de vue de ceux qui sont ou seront chargés de la mettre en œuvre. S’ils n’y croient pas, il y a peu de chance que cette, peut-être, bonne décision ait un bon résultat, de même que si on leur demande, il y a une bonne probabilité qu’ils aient quelques idées de terrain qui conduisent à prendre de bonnes décisions. Dans ce domaine donc et dans le contexte actuel où l’on cherche à tout prix le retour sur investissement comme unique critère de priorisation des projets, la technique de questionnaires, d’enquêtes et d’auto-évaluation émerge comme une pratique simple et pragmatique d’élaboration de tableaux de bord de pilotage.

Longtemps réservée au monde des communicants et du marketing, l’enquête d’opinion sera demain un outil du management. Elle fait déjà partie des pratiques de l’audit et du contrôle interne, et va s’imposer comme l’un des outils les plus pragmatiques du Portfolio Management et du Product Life cycle Management. L’entreprise d’aujourd’hui s’exprime dans un mode collaboratif, et l’auto-évaluation en est l’un des supports.

Si comme moi, vous partagez cette opinion notre échange dépassera certainement celui de cet Aparté.

*Louis Gallois est Président Exécutif de EADS

Vers quel nouveau monde ?

27/04/09

En parcourant la revue « Décideurs », j’y ai trouvé dans le dossier stratégie et corporate finance, un grand article de Jean-Aymon Massie, le président de l’association française de gouvernement d’entreprise, sur l’enchainement probable des phases de la crise que nous traversons.

Après un développement sur un fond d’analyse macro économique, il conclut en disant : « Assurément nous allons construire un monde meilleur, marqué par le retour du long terme dans la définition des stratégies d’entreprises […], le respect des principes de gouvernance et de développement durable ».

J’aime cette idée de la corrélation du temps et de la qualité de la gouvernance, avec le principe de création (durable) de valeur. Lorsque l’on consacre sa carrière à réfléchir aux leviers d’améliorations opérationnels du fonctionnement des grandes organisations, cette corrélation est porteuse de sens et de reconnaissance. En effet, il est satisfaisant de penser que ce sont principalement les entreprises qui tendent à l’excellence et surtout à la maitrise de l’exécution de leurs opérations, qui sont aujourd’hui et demain porteuses de valeur pour l’ensemble des parties prenantes, y compris les actionnaires.

Quand on a partagé avec André Leynaud*, l’idée que la stratégie de mise en œuvre d’un produit sur son marché, pouvait procurer un avantage concurrentiel supérieur à celui porté par le produit lui-même, on se surprend à trouver du bon à cette crise ! Quand on a eu du mal à comprendre comment des sociétés de la bulle internet au business model douteux, avaient enrichi leurs actionnaires presque en même temps qu’elles rendaient leurs salariés au marché du travail, on se dit intuitivement que l’économie retrouve tout simplement du bon sens, en même temps qu’elle va demander beaucoup d’intelligence et de précision.

Fabriquer durablement de la richesse avec des opérations, c’est effectivement comme le prédit Jean-Aymon Massie, certainement plus long et plus contraignant. Depuis de nombreuses années, beaucoup d’initiatives ont servi cet objectif : la théorie du juste à temps et des flux tendus, celle de la qualité totale, de l’activity base costing, ou de l’amélioration permanente. Malgré le talent incontestable de certains de leurs promoteurs, elles sont finalement restées dans l’ombre des trésors de la spéculation financière.

Mais en 2009, quand s’estompe l’espoir de rentabilité rapide de mécanismes strictement financiers, au profit de la qualité de l’exécution des opérations, c’est un changement de paradigme qui s’impose aux dirigeants des grandes organisations. Les Directeurs qui doivent compter demain, au moins autant que le Directeur Financier, c’est ceux qu’André Leynaud appelait « les chefs d’orchestre du progrès », le patron de la qualité ou de l’amélioration permanente, de l’organisation (et de l’informatique), de la gestion des risques opérationnels, ou d’autres encore. Ceux qui bien souvent ne doivent leur poste qu’à l’intuition coercitive des différents régulateurs, qui sentent depuis quelques années que la performance de l’exécution opérationnelle des entreprises, est elle aussi porteuse d’enjeux macro économiques.

Que vous soyez promoteur de ce point de vue dans votre entreprise ou simplement curieux de tous les leviers d’améliorations opérationnelles possibles, je serai heureux d’échanger avec vous sur la valeur de la gestion des risques opérationnels comme bonne pratique de gouvernance et d’amélioration permanente.

C’est un sujet dont nous reparlerons bientôt, En Aparté.

* André Leynaud fut, l’un des Directeurs associés du Cabinet Bossard Consultants, Président co-fondateur de Gamma International durant 20 ans, qu’il cèda à Sogetti en 1990. Il travaille toujours comme consultant (fondamentalement) indépendant à ce jour.

Quelle productivité pour les projets informatiques ?

14/04/09

Au début de l’été 2008, Isabelle Chevret* avait organisé une intervention de Mega dans une table ronde sur le thème de la gouvernance informatique. De la synthèse des échanges sur l’estrade comme dans la salle, je suis revenu avec le sentiment récurrent qu’il est toujours aussi difficile d’être Directeur des Systèmes d’Information (DSI).

Si proposer et faire valider sa politique de gouvernance reste le premier travail d’un DSI dans sa relation avec le comité de Direction, il n’en demeure pas moins important pour lui de définir les justes moyens, en particulier méthodologiques, dont il doit se doter pour sa mise en œuvre. Ma conviction est que pour faire face à la double pression des délais et des budgets qui pèsent sur ce processus de gouvernance, objectiver l’engagement de la DSI avec ses partenaires reste le meilleur moyen de gérer la pression qui accompagne les projets de refonte du SI.

Parmi les différentes sources de pression figure au premier plan la capacité à contractualiser l’expression de besoin au démarrage des grands projets. C’est précisément sur ce thème que les équipes de Mega, consultants et techniciens, ont réfléchi à ce que pourrait apporter les techniques de modélisation dans ce domaine. Ils ont d’abord confirmé, qu’en termes d’équilibre des problèmes à traiter vis-à-vis de l’objectif à atteindre, la formalisation du besoin initial s’avère beaucoup plus sensible que tout autre problème de productivité du développement informatique. Ils ont ensuite attiré mon attention sur l’importance du juste emploi des pratiques de modélisation, et en particulier graphiques, dans ce domaine particulier traditionnellement réservé à la ‘permissivité’ des outils bureautiques. C’est dans ce contexte qu’est née la solution MEGA System BluePrint.

Précisément positionnée entre la nécessité d’en dire suffisamment et la peur d’en raconter trop au titre d’un cahier des charges. C’est un parti pris qui traduit notre conviction, que dans les grands projets, bien exprimer ce qu’il y a à faire est un facteur de productivité supérieur à l’idée de le découvrir et l’affiner dans des itérations de cycle de développement rapide.
Comme toujours, c’est bien évidement le marché qui aura raison, mais j’avoue que je suis impatient d’en débattre avec lui, et si possible cette fois, pas en aparté

*Isabelle Chevret est Directeur Marketing et Communication